Cet article invité a été rédigé par Alexia du blog Perspectives Cavalières qui a souhaité s’exprimer sur l’immobilité au montoir ! Voilà un sujet aussi intéressant qu’il est répandu !
Que le cavalier qui n’est jamais tombé sur un cheval difficile lors du montoir lève la main… Peu d’entre vous peuvent le faire, n’est-ce pas ? Voyons ensemble les raisons à ce problème d’éducation rencontré fréquemment, ainsi que les solutions possibles.
Tout d’abord, partons d’un constat simple: l’étape du montoir est trop souvent bâclée par les cavaliers. Pourquoi ? Parce que dans notre esprit, le travail ne débute véritablement que quand nous sommes en selle.
Hors, voici un raisonnement qu’il vous faut considérer et comprendre : Vous n’êtes même pas encore sur le dos de votre cheval que celui-ci vous désobéi, ne vous écoute pas. Pourquoi se montrerait-il coopératif et attentif à vos demandes quand vous êtes sur lui, alors vous n’avez pas les bases du respect à pied ?
Il vous faut donc redonner toute son importance au moment du montoir. Le considérer comme faisant partie intégrante de votre séance, c’est capital.
Pourquoi le cheval bouge-t-il ?
- Il est sensible du dos, et vous lui « tirez » dessus à chaque fois que vous montez. Ou bien, surtout si votre cheval est plus grand que vous et que vous n’utilisez pas de montoir, à force vous lui faites mal au dos lorsque vous vous hissez de tout votre poids sur l’étrier.
- Vous vous mettez à marcher immédiatement après vous être mis en selle. Le cheval est un être d’habitude, il se met simplement à anticiper votre demande.
- Vous rendez ce moment inconfortable pour lui: vous lui « chatouillez » les côtes avec la pointe de votre pied, heurtez sa croupe avec votre jambe droite, vous rasseyez lourdement dans la selle comme un sac de pomme de terres. Vous ajustez vos rênes, et le cheval, qui est une proie herbivore, s’inquiète de se sentir « ligoté » ainsi. Vous instaurez une tension dans sa bouche via vos rênes, le cheval ne comprend pas cette « agression » et cherche à s’en soustraire.
- Vous n’êtes pas constant dans votre demande: vous lui permettez de bouger un jour, et le lendemain le punissez. Il a le droit de faire ce qu’il veut à la maison, mais pas en concours. Votre cheval en perd son latin ! Il ne sait plus distinguer ce qui est interdit de ce qui ne l’est pas, et ne comprends pas quel est son rôle.

Se hisser péniblement sur le dos du cheval tire sur son garrot et le déséquilibre
Que faire pour résoudre concrètement le problème ?
J’aurai envie de dire que puisque vous savez désormais ce qu’il ne faut pas faire, eh bien vous avez toutes les cartes en main pour venir à bout du problème =) ! Gardez premièrement à l’esprit les notions suivantes :

- Je ne touche pas à la bouche (pas de contact avec le mors).
- Je n’hésite pas à utiliser un montoir ou à me faire aider, surtout si mon cheval est grand par rapport à moi, ou que… je suis un peu fort. Bah oui, fallait bien aborder ce point-délicat- aussi…
- J’essaye de me faire oublier le plus possible par mon cheval grâce à ma légèreté et discrétion (pas de réception « lourdaude », ni quinze sautillements désespérés votre pied gauche à 3 mètres du sol dans l’étrier pitié…)
- Je suis logique et rigoureux dans les règles que je pose avec mon cheval: il est interdit de bouger à la maison, ainsi qu’en concours, en balade, en vacances, la semaine comme le weekend. Pas de demi-mesures !
- J’attends systématiquement plusieurs secondes avant de me mettre en route une fois en selle.
Maintenant, reprenez le travail comme si vous étiez avec un poulain non débourré qui n’a jamais été monté. Recommencez l’étape du montoir… de zéro !
- En main, avec votre cheval en licol, vous devez lui réapprendre à marcher et s’arrêter calmement, en respectant les distances. Utilisez la voix, un code vocal/mot spécifique pour l’immobilité. Attention, au début, ne prolongez pas trop l’arrêt: 2 ou 3 secondes suffisent ! Une fois que les arrêts « courts » sont acceptés, vous pouvez demander, progressivement, un peu plus: 5 secondes, puis 8, 10…N’abusez pas de la patience de votre cheval, et travaillez ainsi à pied quotidiennement.
- Ensuite, sellez et bridez votre cheval: vous devez obtenir l’immobilité pendant que vous lui tapotez les flancs, secouez les étriers, faites bouger la selle, resanglez etc. Faites vous aider par une personne à pied qui restera au niveau de la tête de votre compagnon. Ne soyez pas avare de félicitations, et caressez-le quand il se comporte bien.
- Toujours avec un assistant, travaillez maintenant le montoir en lui-même: rênes mi-longues, mettez le pied à l’étrier (n’hésitez pas à le rallonger, ou à vous aider d’un plot etc. si votre cheval est très grand). Sautillez une ou deux fois. Si votre cheval bouge, dites-lui « non » (votre assistant vous aide à calmer et arrêter votre monture).
- Une fois que le cheval est parfaitement tranquille, mettez-vous en selle avec douceur. Redescendez aussitôt, et félicitez-le (caresse, voix, éventuellement friandise). Laissez votre cheval là-dessus. Recommencez 2 ou 3 fois le lendemain, avec votre aide à pied toujours présent, puis sans.
Prenez votre temps à chaque étape, et attendez qu’une soit bien confirmée et comprise avant de passer à la prochaine. Ne soyez JAMAIS pressé.
Dernier conseil: travaillez aussi le montoir à droite ! C’est un plus dans l’éducation de votre cheval, et ça améliore votre souplesse =). Cela vous sera aussi utile si un jour vous participez à un TREC.
Cas particulier du cheval et du cavalier de club
Si vous rencontrez ce problème d’immobilité au montoir avec un cheval de votre centre équestre, vous aurez beau mettre en application les conseils énoncés ci-dessus, vous n’arriverez sans doute pas à éliminer le problème (seulement peut-être à l’atténuer). Pourquoi ?
Tout simplement parce que vous n’êtes pas la seule personne à manipuler et à monter ce cheval: d’autres cavaliers passeront après vous, et, n’utilisant pas les bons codes et gestes énoncés précédemment, ils « saboteront » le travail que vous aurez réalisé, et encourageront (involontairement !) le cheval à reprendre ses mauvaises habitudes…
La solution ? Une rééducation des cavaliers et des montures, et une remise en question des idées reçues sur le sujet (« toujours ajuster ses rênes au montoir« ) ! En attendant, le plus simple est de demander l’aide d’une seconde personne à pied qui puisse tenir votre cheval le temps de vous mettre en selle. Cependant, vous serez peut-être surpris de constater une certaine amélioration du comportement de votre monture rien que par le fait de vous servir d’un montoir, ou de ne plus toucher à sa bouche… Certains chevaux sont sages comme des images avec certains cavaliers, et ont tout à coup la « bougeotte » avec d’autres.
Et vous, quelles sont vos astuces pour avoir un cheval immobile au montoir ?

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