Le cheval subit de plein fouet les exigences de nos sociétés de consommation, comme nous il doit donc travailler, être performant et subir la pression d’un boss. Certains d’entre nous supportent mal ces contraintes psychologiques alors il est logique de penser que peut-être le cheval aussi pourrait souffrir de ces mêmes symptômes étant donné les ressemblances qui viennent d’être mises en lumière.
La dépression existe-t-elle chez le cheval ?
Je suis parvenue à vous dénicher cet article paru en 2012 qui reprend les résultats d’une étude sur la dépression chez le cheval. Consulter l’étude directement.
Parmi tous les chevaux, une partie d’entre eux sont observés dans des attitudes prostrées, c’est-à-dire avec une encolure basse, ne dépassant pas la hauteur du garrot et les yeux bien ouverts. Les analyses sanguines révèlent sur ces chevaux là un taux de cortisol inférieur à celui des chevaux ne présentant pas ce type de postures. Un taux de cortisol en baisse est un signe de dépression en médecine humaine ce qui confirme donc l’existence de la dépression chez le cheval.
La dépression de mon point de vue
Côtoyant quotidiennement une grande quantité de chevaux différents j’ai eu l’occasion d’observer certains d’entre eux qui révèlent clairement des comportements et attitudes pouvant s’apparenter à de la dépression. Il est difficile d’affirmer clairement qu’il s’agit bel et bien de dépression puisque le cheval ne peux pas s’exprimer oralement avec nous sur sa santé psychique. En revanche on peut la déceler par ses postures et son langage corporel.
Je vais vous citer les signes les plus évident de dépression, ceux qui ne peuvent pas passer inaperçus et qui donc sont l’expression d’un stade avancé de mal-être :
- Mouvements répétitifs (tourne en rond, tic, gratte…)
- Regard éteint, fixe, oreilles tombantes
- Interactions avec le cheval difficile, il semble insensible à votre présence
- Comportement « borné » ou inapproprié aux circonstances
- Cheval déconnecté de ce qui l’entoure, ne réagit pas au stimulus de son environnement (claquement de langue, appel, apparition dans le champs de vision…)
Comment éviter la dépression ?
La prévention reste la meilleure solution contre la dépression. Pour cela il faut veiller à préserver le moral du cheval et sa créativité. Pour rappel, on préserve le moral du cheval avec des séances diversifiées pour éviter la routine et avec de nombreuses récompenses pendant le travail pour encourager les efforts fournis.
Un cadre de vie sain, au pré avec des congénères et du foin à volonté est plus souhaitable pour un cheval quelque soit sa fonction. Un cheval au box est davantage en proie à l’ennui, l’isolement et donc à la dépression.
Le rythme de travail ne doit pas être trop intense ou alors il faut aménager des périodes de vacances pour le cheval exactement comme nous le faisons en prenant des vacances d’été. Ce rythme de travail dépend aussi de l’intensité des efforts demandés au cheval à chaque séance. En général on ne rencontre pas ces problèmes chez les chevaux de loisirs, en revanche c’est plus courant en club ou à haut niveau car le cheval est alors une source de revenus dont les ressources physiques sont exploitées, parfois à la limite de la rupture.
Mon cheval est dépressif, que faire ?
La première chose à faire est d’améliorer les conditions de vie du cheval et de modifier son travail en introduisant davantage de périodes de repos et en utilisant la récompense pendant le travail qui est une formidable source de motivation pour le cheval.

Si le cheval est à un stade de dépression avancé il est possible que ces changements ne suffisent pas à l’aider à sortir de son isolement. Comme pour le conditionnement, la dépression affecte les capacités d’adaptation du cheval qui supportera alors moins bien les changements dans son environnement.
Dans tous les cas, une modification des conditions de vie, un travail allégé et une relation privilégiée avec le propriétaire peuvent suffire mais ce n’est pas toujours le cas. Lorsque la dépression est trop importante il peut être intéressant d’avoir recours aux médecines alternatives comme la chromothérapie par exemple, en complément des nouvelles habitudes préconisées ci-dessus.
La dépression chez le cheval est encore méconnue mais surtout, elle est trop souvent ignorée par les professionnel du cheval. Et vous, connaissez-vous des chevaux dépressifs ? Que faites vous pour leur rendre la vie meilleure ?
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