Le débourrage se déroule le plus souvent à l’âge de 3, 4 ou 5 ans selon les priorités du cavalier. Il permet d’apprendre au cheval à accepter le cavalier sur son dos et conditionnera toute la suite de son dressage. Comment se déroule le débourrage ?
Travail à pied
Le travail à pied permet de commencer à créer un lien avec le cheval, à lui apprendre à se laisser mener et manipuler facilement par l’homme. Il est particulièrement utile si le cheval n’a pas été manipulé dans sa jeunesse.
Ce type de travail peut être débuté dès l’âge de 2 ans ou juste avant le débourrage sans distinctions.
Le travail à pied commence d’abord par l’apprentissage relatif à être mené en main, à donner les pieds et se laisser panser. Puis ensuite il peut être approfondi pour pouvoir aborder le travail en longe qui sera indispensable pour instaurer certains codes notamment vocaux qui vous serviront aussi pour donner des repères à votre cheval pour la suite du débourrage.
Certains sont amateurs de travail à pied et d’équitation éthologique voire de liberté, libre à vous d’aller encore plus loin dans le travail à pied en y ajoutant le contrôle des épaules, des hanches, de la tête, l’aspiration…
Tout ce travail permet au cavalier et au cheval de se rencontrer, d’apprendre à se connaître et d’instaurer les premières bases du respect mutuel. Le cheval acquiert un certain code de conduite qui le rend facile à mener, à manipuler et à longer une fois que c’est acquis.
C’est à partir de cette base de travail à pied rassurante que tout le reste va devenir possible.
Bien sûr si vous ne vous en sentez pas les compétences ou que la situation dégénère, il faudra faire appel à un professionnel rapidement. Laisser une situation s’aggraver c’est prendre des risques et perdre du temps en rééducation ensuite.
L’habituation
Dans la deuxième phase, on va ajouter progressivement des éléments nouveaux aux séances de travail à pied.
Il n’est pas naturel pour le cheval d’avoir une selle sur le dos, une sangle qui lui serre le ventre et des étriers qui ballotent de chaque côté. Et idem pour le filet, le poids du cavalier, sa hauteur lorsqu’il est sur le dos du cheval, etc…
Pour habituer le cheval petit à petit et faire en sorte qu’il accepte le matériel puis le cavalier, il va être utile de d’abord commencer par ce qu’il connaît déjà donc le travail à pied et en longe puis d’introduire une seule nouveauté à la fois. Il est important de ne pas introduire de nouvel élément tant que le précédent n’est pas complètement acquis.
Toujours commencer par un travail à pied connu et maîtrisé est rassurant pour le cheval. Lorsque la nouveauté est introduite, ce travail à pied est ensuite un repère rassurant pour lui, un cadre qu’il connaît déjà.
L’objectif est d’avoir un cheval calme, disponible et serein malgré la présence du matériel, puis la présence du cavalier. Lorsqu’il ne réagit plus à ses éléments, lorsqu’il ne se contracte plus et qu’il ne s’inquiète plus on peut considérer que la phase d’habituation est terminée.

Apprentissage des aides
Maintenant que le cheval accepte matériel et cavalier, le débourrage n’est pas pour autant terminé !
Il faut maintenant lui apprendre le langage des aides, ce qui va vous permettre ensuite d’évoluer seul à cheval en toute sécurité.
Et encore une fois, pour ça, tout le travail effectué en amont va nous être très utile ! Les codes vocaux utilisés lors du travail en longe principalement vont vous permettre d’associer le code vocal de l’allure souhaitée avec le code tactile des jambes ou des mains.
Il est possible que le cheval réagisse mal aux aides si elles sont trop fortes car la douleur associée va provoquer des réactions de contractions ou de défense. Donc soyez vigilant à ce que vos aides soient des indications non douloureuses. En vous aidant de la voix, d’une aide à pied et en répétant suffisamment, votre cheval finira par comprendre ce que vous attendez de lui.
Lorsque l’apprentissage des aides est terminé, le cheval répond alors parfaitement aux jambes et aux mains sans aide de la voix.
A partir du moment où le cheval peut être monté aux 3 allures, s’arrêter et tourner on considère que le débourrage est terminé. Commence alors le dressage du cheval sur le plat puis dans sa discipline de prédilection.

Quel rythme de travail ?
Le rythme des séances et leur durée est une question qui revient très fréquemment lorsque cela concerne le travail du cheval.
Pour la durée des séances, le plus important est de toujours terminer sur quelque chose de bien et dans le calme. Une séance peut tout à fait durer seulement 20 minutes mais ce sera suffisant si vous avez revus les bases pour commencé puis terminé sur une nouveauté et que vous n’avez rencontré aucun problème.
Il est possible aussi que vous deviez vous arrêter sans avoir abordé une nouveauté parce que ce qui a été vu précédemment a besoin d’être répété et renforcé.
La durée des séances de débourrage durent en moyenne entre 20 et 45 minutes.
Pour la fréquence, il n’y a pas vraiment de règles et il faut savoir réduire la durée des séances si vous en augmentez la fréquence.
Ainsi il est possible de travailler tous les jours ou une seule fois par semaine. Dans ce dernier cas, la durée du débourrage sera simplement reportée dans le temps. La fréquence idéale pour moi est d’environ 1 jour sur 2.
Et bien entendu, garder un rythme de travail régulier au moins pendant 1 an à partir du début du débourrage est important pour que cela soit suffisamment acquis par le cheval pour être sûr qu’il ne l’oubliera pas ensuite s’il venait à ne plus être monté pendant longtemps.
Le débourrage est une période délicate qui se déroule donc en 3 phases : le travail à pied, l’habituation et l’apprentissage des aides. En peu de temps, le cheval doit apprendre beaucoup de nouveaux exercices et s’habituer à la présence de tout le matériel puis du cavalier sur son dos. C’est une période très intense et ce qui la rend si délicate c’est qu’il faut connaître suffisamment les chevaux pour pouvoir détecter la moindre inquiétude et savoir s’adapter de la meilleure manière juste avant que le cheval n’ait de réactions de peur potentiellement dangereuses.
Un débourrage réussi est un débourrage qui n’a rien de spectaculaire parce que le dresseur a su trouver le bon dosage au bon moment entre la nouveauté et le connu de façon à ne jamais provoquer la panique chez le cheval.
Tous les mouvements de peur et de panique sont à éviter à tout prix car lorsqu’il est dans cet état émotionnel intense le cheval n’est plus capable d’apprendre, de comprendre ni de progresser, il ne fait que réagir et c’est son instinct qui a le dessus à ce moment là.
Mis à jour le 14/07/2020
REPRENDRE LE CONTRÔLE PAR LE TRAVAIL A PIED
Les exercices de base à pratiquer à pied pour avoir le contrôle sur votre cheval et vous sentir enfin en sécurité quand vous êtes à côté de lui.
Vous apprendrez également que votre manière d’être avec votre cheval ainsi que votre langage corporel a une importance primordiale si vous voulez être perçu comme son référent.


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