Avoir un cheval dans une attitude stable, qui l’aide à fonctionner correctement et dans le bon sens est la difficulté majeure que rencontrent la plupart des cavaliers. Si en plus vous avez fréquenté différents club, vous avez peut-être remarqué que toutes les méthodes que l’on a pu vous enseigner ne marchaient pas forcément avec tous les chevaux. Je pense que lorsqu’on parle de mise en main, on passe à côté d’un élément essentiel et indispensable : la décontraction de la mâchoire.
Définition
La mise en main correspond au cheval qui a son chanfrein à la verticale ou légèrement en avant de la verticale. Sa nuque est le point le plus haut et cette attitude doit, dans l’idéal, rester stable aux 3 allures et dans tous les mouvements demandés. En général c’est le signe d’un bon fonctionnement biomécanique du cheval, mais il existe toujours des exceptions avec les chevaux qui se mettent en arrière de la main, qui lâchent le mors ou qui creusent le dos.
Les différentes méthodes
- Cisailler la bouche
C’est le fameux droite – gauche, que l’on peut observer au niveau du mors dans la bouche qui semble se promener d’un côté à l’autre et qui se répercute parfois sur toute l’encolure du cheval que l’on observe alors faire « non » de la tête. Cette façon de faire est disgracieuse et oblige le cavalier à le faire constamment puisqu’elle n’est plus efficace lorsque le cavalier cesse. Sur des chevaux qui ont été monté par un ou des cavaliers ayant le défaut de le faire constamment, on observe qu’ils continuent de le faire d’eux-même au trot particulièrement même lorsque le contact est identique sur les deux rênes.
- Utiliser un enrênement
Hormis pour des chevaux de club ou des cavaliers pas suffisamment expérimentés pour mettre un cheval sur la main je ne recommande pas l’usage d’un enrênement. Les chevaux ont tendance à s’appuyer et à peser sur cet enrênement sans jamais céder vraiment et lorsqu’on le retire complètement, le problème reste le même.
- Le tire-pousse
Cette façon de faire consiste à résister de façon égale dans les doigts et en fermant les jambes, le cheval cède dans sa nuque et vient se mettre en place. Si elle est utilisée avec tact, ce qui est plutôt rare à mon sens, cette façon de faire ne pose pas de problèmes. Il y a certains chevaux qui ne supportent pas du tout cette méthode et refusent d’avancer, deviennent lourd à la main et à la jambe.
- Jouer dans ses doigts
Qui veut tout dire et rien dire à la fois et qui s’apparente souvent à du cisaillement comme on a vu plus haut. Il y a aussi les adeptes du cercle pour la mise en main et qui alors ne jouent plus que sur une seule rêne, souvent la rêne extérieure au pli. C’est une façon de faire plutôt efficace mais lorsque l’on revient sur des lignes droites, c’est le flou artistique.
L’ingrédient magique
D’après mon expérience, il y a plusieurs « ingrédients » à avoir pour faciliter la mise en main. En revanche cela peut demander plusieurs séances avant que cette dernière soit effective
- La décontraction
C’est l’élément essentiel à obtenir du cheval pour avoir un début de mise en main, même si le chanfrein ne vient pas se placer à la verticale tout de suite. Pour qu’il y ait décontraction il faut qu’il y ait absence d’effets de force : on ne demande pas à quelqu’un de se décontracter en lui mettant 3 gifles, donc pour le cheval c’est pareil.
Soyez attentifs à la relation que vous avez avec la bouche du cheval, il ne doit pas grincer des dents, passer la langue ou lâcher le mors ce serait un signe évident d’inconfort. Recherchez par l’intermédiaire de votre main à agir sur la commissure des lèvres ce qui peut demander de lever un peu les mains en les avançant pour ne pas tirer. A chaque instant, recherchez d’abord à avoir un cheval qui mâche son mors et cédez immédiatement même s’il n’est pas encore sur la main. Voir l’article sur la décontraction de la mâchoire.
- Rééquilibrer
On dit que lorsqu’on a un problème avec le bout du devant, il faut rechercher la solution derrière et inversement. Cela signifie que les problèmes de mise en main peuvent aussi découler de l’arrière-main. En mobilisant l’arrière-main par des déplacements latéraux, on reporte du poids sur l’arrière-main, on rééquilibre le cheval et on améliore la propulsion. Ce simple rééquilibrage peut suffire à faire tomber le cheval dans la main. Encore une fois, c’est un déplacement qui doit s’effectuer sans force, dans une allure confortable pour le cheval afin de susciter la décontraction.
- Être patient
Si vous avez un cheval qui ne cède pas facilement, qui ne mâche pas son mors ou autre, cela peut prendre un certain temps avant qu’il ne soit réceptif à vos actions de mains. Gardez en tête que vous recherchez la décontraction de la mâchoire, la mise en main est en fait le résultat de cette décontraction.
Si malgré tout cela vous ne trouvez pas la solution, ne perdez pas patience et posez-vous les bonnes questions pour trouver ce qui correspondra le mieux à votre cheval. Prenez du recul et remettez-vous en question, peut-être que vos aides sont trop fortes, vous bougez vos bras au lieu de bouger uniquement vos doigts sur les rênes, vérifiez que le contact est constant, apprenez à céder au bon moment, repassez à l’allure inférieure pour que ce soit plus confortable…
Le principal défaut des cavaliers d’aujourd’hui c’est qu’ils sont toujours trop pressés d’avoir leur cheval en place. Ils s’agacent lorsque ce dernier sort de la main à l’occasion d’une transition ou dans un déplacement latéral or c’est la meilleure façon de nuire à la mise en main et de provoquer des contractions chez le cheval : la situation se dégrade.
Un cheval qui sort de la main exprime simplement, un manque de souplesse et de force parce que l’exercice demandé nécessite un effort inhabituel de l’arrière-main. Les chevaux un peu vert dans le travail réussissent souvent beaucoup mieux des exercices qui demandent un abaissement des hanches lorsqu’ils sont au-dessus de la main. Il faut comprendre que la mise en main est un résultat et que la décontraction de la mâchoire avec un cheval qui mâche son mors est le point de départ de ce travail.
Abonnez-vous à mes cours en ligne
Si mon approche vous plaît, que vous aimeriez prendre des cours avec moi mais que vous êtes trop loin,
La plateforme de cours en ligne est justement faite pour ça,
En vous abonnant, vous recevrez chaque semaine un nouveau cours audio à écouter à cheval accompagné de sa fiche dédiée ainsi que de nombreux autres avantages


Répondre à Alexandrine Nobis Annuler la réponse